Obésité en France 2020 : chiffres clés, facteurs de risque et impacts sur la santé

Sommaire

En juin 2021, la Ligue contre l’obésité a publié les résultats d’une large enquête épidémiologique sur l’évolution du surpoids et de l’obésité en France en 2020. Cette synthèse en présente les principaux enseignements : l’ampleur du phénomène chez les adultes, les facteurs de prédisposition et les risques associés pour la santé physique et psychologique.

Plus de 30 % des Français en surpoids en 2020

En 2020, 30,3 % des Français (plus de 15 millions de personnes) étaient en surpoids. Les hommes étaient davantage concernés que les femmes (36,9 % contre 23,9 %). Ce taux marque une légère diminution par rapport à 2012, où il s’élevait à 32,3 %.

L’obésité a quasiment doublé depuis 1997

En 2020, 17 % des Français présentaient une obésité (IMC ≥ 30), soit plus de 8,5 millions de personnes. Parmi elles, 2 % étaient en obésité morbide (plus d’un million de personnes).

  • Femmes : 17,4 % d’obésité (15,2 % modérée ou sévère ; 2,2 % morbide)
  • Hommes : 16,7 % d’obésité (14,9 % modérée ou sévère ; 1,8 % morbide)

Tableau 1. – Classification de l’IMC

IMCClassification
< 17,5Sous-poids
18,5 – 24,9Poids normal
25 – 29,9Surpoids
30 – 34,9Obésité modérée
35 – 39,9Obésité sévère
≥ 40Obésité morbide

L’obésité progresse avec l’âge, surtout chez les plus jeunes

La prévalence de l’obésité augmente progressivement avec l’âge dans la population adulte, avec un léger fléchissement après 65 ans. Toutefois, les progressions les plus marquées depuis 2012 concernent les groupes d’âge les plus jeunes.

Prévalence de l’obésité selon l’âge en 2020.
Figure 1. – Prévalence de l’obésité selon l’âge en 2020

Fortes inégalités selon le milieu social et la situation économique

L’obésité touche inégalement les catégories socioprofessionnelles :

  • Ouvriers : 18,0 %
  • Employés : 17,8 %
  • Cadres : 9,8 %

La progression la plus importante depuis 2012 s’observe chez les professions intermédiaires (+2,6 points).

La situation économique du foyer joue également un rôle majeur :

  • Foyers en difficulté économique : 24,6 %
  • Foyers en situation juste : 17,1 %
  • Foyers à l’aise financièrement : 12,7 %

C’est dans les foyers en difficulté économique que la hausse de l’obésité a été la plus forte depuis 2012.

Distorsion de l’image corporelle

Les personnes en obésité ne se perçoivent pas toujours de manière réaliste. Ce phénomène est particulièrement marqué chez les femmes :

  • Seulement 49 % des femmes en obésité s’identifient à une silhouette d’obésité
  • 24 % s’identifient à une silhouette de surpoids
  • 26 % s’identifient à une silhouette de poids normal

Chez les hommes en obésité, 57 % sélectionnent une silhouette d’obésité et 33 % une silhouette de surpoids.

Figurines de Stunkard pour le test des silhouettes (version femmes).
Figure 2. – Figurines de Stunkard pour le test des silhouettes (version femmes)

Insatisfaction corporelle importante

Les silhouettes les plus minces (correspondant à un IMC sans surpoids) sont considérées comme idéales par 87 % des femmes et 58 % des hommes en population générale.

Chez les personnes en obésité :

  • Femmes : 55 % choisissent une silhouette idéale sans surpoids et 42 % une silhouette de surpoids
  • Hommes : 22 % choisissent une silhouette idéale sans surpoids et 72 % une silhouette de surpoids

Forte corrélation avec les maladies métaboliques et autres comorbidités

Tableau 2. – L’obésité est associée à une prévalence nettement plus élevée de plusieurs pathologies :

PathologiePopulation généralePersonnes en obésitéObésité morbide
Hypertension artérielle20 %36 %42 %
Diabète9 %20 %31 %
Apnée du sommeil7 %18 %31 %

D’autres comorbidités sont également plus fréquentes : hypercholestérolémie, maladies cardiovasculaires, arthrose, reflux gastro-œsophagien et troubles psychologiques.

Une médicalisation croissante des problèmes de poids

La part de Français ayant subi une chirurgie bariatrique a été multipliée par plus de cinq entre 2012 et 2020, atteignant 2,8 % (soit 1,4 million de personnes). Les personnes opérées présentent en moyenne un IMC de 27,3, mais sont surreprésentées parmi celles en obésité sévère (8,8 %) et morbide (7,6 %). Ces données soulignent un taux d’échec non négligeable et rappellent l’importance d’un suivi pré- et postopératoire rigoureux.

Les consultations pour motif de poids ont également augmenté : de 4,7 % des Français en 2012 à 7,6 % en 2020.

Accès à l’enquête complète

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Écrit par Modvita

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